Licenciement à MEDETRAM,..  mais où est donc passée Siaho ?..

Licenciement à MEDETRAM,.. mais où est donc passée Siaho ?..

février 27, 2019 22 Par voxmayo

 

Razak Abdou a partagé un souvenir.

Licenciement à Medetram

Siaho attaque Galarme pour agression sexuelle

L’ancienne directrice par intérim de Medetram et responsable communication, recouvrement et contentieux poursuit son ancien patron pour « licenciement abusifagression sexuelle, harcèlement sexuel, harcèlement moral, diffamation et abus de pouvoir ».

C’est une audience peu banale qui s’ouvre ce lundi 19 février à 14 h au tribunal du travail.

Après un « lynchage médiatique » et une longue fâcherie avec la presse, Siaho Dimande sort de son silence. Elle parle enfin à un journaliste de « l’affaire » Medetram, l’association qui gère la médecine du travail, présidée par Thierry Galarme, le président du Medef et gérant de l’agence de publicité Luvy.

A l’âge de 38 ans, réduite au chômage, « professionnellement brisée » mais « toujours digne », l’ancienne égérie du patron des patrons de Mayotte est en procès pour « licenciement abusif ». L’audience a lieu aujourd’hui. La plaignante estime être « un dommage collatéral, une victime innocente » des déboires de son ex-employeur. 

Après trois ans d’une collaboration idyllique, la relation de travail « fusionnelle » entre la salariée et le gros bonnet s’est terminée soudainement, au détriment de la subordonnée. « Je suis le souffre-douleur de mon ex-patron, le bouc-émissaire idéal des turpitudes révélées par les médias », lâche Siaho. Dans la bouche de la confidente, ces mots sonnent comme une thérapie par la parole. Longtemps murée dans le silence, Siaho exprime sa douleur et charge son « bourreau », qui a été il n’y a pas si longtemps son mentor.

« Je suis passée par des sentiments effroyables »

Qu’est-il donc arrivé à cette femme africaine, une battante, qui avait réussi à se faire une place au soleil dans les milieux économiques à Mayotte ?

Pourquoi a-t-elle senti le désir de s’épancher devant un journaliste ? 

A la première question, la réponse est simple : un licenciement sec, qu’elle n’a pas vu venir. La deuxième question est facile à répondre : le besoin de rebondir face à l’adversité.

Après le choc et l’’abattement, son courage renaît au contact de la famille, toujours prête à consoler. Le réconfort des amis, les vrais, la pousse aussi à réagir, à se battre avec fierté. 

Depuis son licenciement, « la belle africaine décrite comme une « poule de luxe » ne fréquentait plus le beau monde, ces riches chefs d’entreprise qui donnent une impression de puissance. Elle avait déserté les mondanités, redoutant « une présence envahissante » et des remarques « qui font honte ». Evitant de mettre les pieds au bureau d’où on l’a chassée sans ménagement, Siaho esquivait aussi le cercle qui a précipité sa chute. « Il y a des regards qui vous jugent mal et des paroles qui blessent gratuitement. Il y a surtout des comportements qui foutent la trouille », dit-elle. 
Indexée dans les Nouvelles de Mayotte, Siaho a connu l’humiliation. « Je suis passée par des sentiments effroyables, qui vous ébranlent profondément, d’anciennes connaissances ont révélé leur vraie nature hypocrite », ajoute-t-elle.

« Je me défends avec les armes de la justice »

Congédiée par voie d’huissier, Siaho ne supporte pas l’affront. Virée presque manu militari, elle ne pardonne pas la violence de la procédure. Licenciée « sans motif valable », elle veut réparer l’injustice qui l’a privée de son travail, de son salaire et de ses droits. Ce n’est pas seulement une employée que le chef a foutu dehors subitement. C’est aussi une mère de famille qui a des responsabilités parentales à assumer quotidiennement. 

Par trois fois, son supérieur hiérarchique aurait dépassé les bornes. Et pour cause ?

L’entretien préalable au licenciement n’a pas eu lieu. Ne pouvant joindre son patron au téléphone, Siaho, inquiète et prudente, prend l’attache d’un conseil pour parer à toute éventualité.

Celui-ci étant pressé d’en finir avec elle, il envoie l’huissier pour la remise en main propre d’un acte ainsi rédigé : « Vous avez eu un comportement que nous ne pouvons admettre. (…) Eu égard à la gravité des faits qui vous sont reprochés, nous avons décidé de procéder à votre mise à pieds conservatoire. Nous vous demandons donc de ne plus vous présenter à votre travail jusqu’à la notification de notre décision ».

Le 22 mai 2016, c’est dans le bureau de Siaho que M Galarme débarque avec 2 vigiles et 5 policiers pour la contraindre à prendre le courrier et la mettre à la porte : une convocation sous contrainte policière et une intimidation comme on en voit rarement.

En dehors des formules administratives d’usage, aucun fait n’est mentionné dans la lettre. Pour quel motif exact, cette sanction irrévocable a été prise ?

Mystère !

Quel est ce comportement « inadmissible » ?

C’est ce que le tribunal devra déterminer. « J’ai porté plainte aux prud’hommes pour licenciement abusif. Je me défends avec les armes de la justice », déclare Siaho le cœur soulagé, confiante en elle-même.

« Je m’exprime pour mon honneur et ma réhabilitation »

L’assignation de l’employeur en paiement des indemnités de licenciement et en réparation du préjudice moral n’est pas la motivation première de cette saisine. Certes, la mère de famille a des factures à payer et des échéances à couvrir, mais elle veut surtout préserver son mental, maintenir un train de vie acceptable « pour ne pas tomber dans la dépression ».

La requête vise d’autres buts. « Ce n’est pas seulement une question de droits. Je m’exprime pour laver mon honneur», martèle Siaho. Sa réhabilitation, Mme Diomande entend la gagner contre la rumeur et la calomnie. Après sa déchéance, elle travaille sur d’autres projets professionnels afin de redevenir cette femme forte qu’elle a toujours été, une femme de caractère qui, dans une vie précédente, était une cheffe d’entreprise respectée.

C’est à ce statut enviable que « la belle africaine » veut renouer. Cette ambition passe par la case tribunal. 

La plaignante ne manque pas d’atouts. Son dossier, défendu par Me Luc Bazanella, semble solide. Elle a en effet occupé les emplois suivants : chargée de projet recouvrement et qualité : directrice adjointe en charge de la relation adhérents : directrice des relations adhérents.

C’était la « dame à tout faire », celle qui tenait la boutique, de la base au sommet de l’organigramme

Une dette évaluée à 700.000 euros

Cette évolution de carrière, étalée sur quatre ans, de février 2013 à juin 2017, est le résultat de trois avenants qui ont modifié son contrat de travail à durée indéterminée, sa rémunération mensuelle et ses primes. Le redressement financier de Medetram, c’est aussi son œuvre, mais Siaho ne se sent aucunement responsable de l’insidieuse détérioration des comptes de la structure. A l’entendre dire sa vérité, on est tenté de la croire sincère.

D’autant plus que l’établissement était mal en point il y a cinq ans. Dès sa création, les difficultés se sont accumulées.

Les anciens dirigeants, Christophe Limousin et Michel Taillefer, ont navigué à vue. Ils ne savaient pas combien d’adhérents avaient réellement cotisé. 

A cette époque de transition vers la départementalisation, Mayotte était confrontée à un vide juridique. Il n’y avait pas d’obligation légale de cotiser pour la médecine du travail, la visite médicale était facultative. Les premiers adhérents ont toutefois joué le jeu pour mettre en place l’organisme, anticipant les évolutions institutionnelles à venir. Ces derniers n’ont pas été payé de leur investissement pour la protection de leurs salariés puisque, en juin 2012, Medetram accusait déjà 300.000 euros de dettes. 

Le changement de mandature, avec la présidence de Thierry Galamre et la nouvelle équipe, a permis de redresser la situation. Siaho Diomande a contribué à cette embellie, d’abord comme responsable recouvrement et contentieux, ensuite en qualité de responsable communication. Pour relancer la machine, une procédure de renflouement des caisses a été mise en place, avec des actions coup de poing menées sous le contrôle d’huissiers et d’avocats appelés en renfort.

L’obligation légale de cotiser s’appliquant avec l’entrée dans le droit commun, cette méthode musclée a produit ses fruits. Fin 2017, Medetram comptabilisait 1.200 adhérents environ. Avec une cotisation fixée à 100 euros par an pour 1 salarié, le chiffre d’affaires annuel pouvait atteindre le million d’euros. La structure s’est considérablement enrichie, ce qui a sans doute attisé des appétits voraces. Mais la manne s’est évaporée, sans que la dette accumulée depuis plusieurs années par l’association ne soit apurée.

La dette serait évaluée aujourd’hui à 700.000 euros.

Une affaire d’agression sexuelle et abus de pouvoir

Les problèmes financiers de Medetram ont commencé à bruiter à partir du moment où son président n’a plus jugé utile de convoquer le conseil d’administration pour présenter les comptes.

Les rumeurs ont enflé en l’absence de certification de la comptabilité. Dès lors, les soupçons de malversations se sont amplifiés.

Thierry Galarme

En dévoilant les liens incestueux entretenus entre Medetram et les entreprises de communication gérées par Thierry Galarme, dont l’agence de publicité Luvy, la presse a mis ce dernier dans le collimateur de la justice. C’est la tempête ainsi déclenchée qui a éclaboussé sa plus proche collaboratrice. 

Un journal local lui a reproché d’avoir bénéficié à tort d’une voiture de fonction, ce qu’elle conteste puisqu’il s’agissait d’une voiture de service que tous les employés pouvaient utiliser. Le journal a également fait état d’un détournement de fonds. « Un mensonge distillé pour me nuire », dit-elle, raillant la somme ridicule mentionnée : « 250 euros seulement », ironise son avocat. 

Attristé par le traitement cruel infligé à sa cliente, Me Bazanella entend réfuter par la preuve toutes les allégations de la presse, dont certaines véhiculées par l’employeur. Outre les indemnités de licenciement, l’avocat va réclamer à l’audience la réintégration de Mme Diomande à Medetram.

Mais celle-ci veut aller plus loin.

A une semaine du renouvellement de son conseil d’administration, une épée de Damoclès pèse sur la tête du président du Medef. En effet, femme bafouée, Siaho attaque hargneusement, en chargeant son dossier aux prud’hommes d’un volet pour « agression sexuelle, harcèlement sexuel, harcèlement moral, diffamation et abus de pouvoir ».

 

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Zaïdou Journaliste écrivain, Editeur.
le 19 Février 2018

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