MAYOTTE : Commémoration du décès de Mzé Bamana.

MAYOTTE : Commémoration du décès de Mzé Bamana.

juin 27, 2018 7 Par voxmayo
Eveiller la conscience collective Pourquoi est-il important de commémorer le 11ème ’anniversaire du décès de Monsieur Younoussa BAMANA ?
Qu’il s’agisse d’une personnalité emblématique ou d’un fait historique, experts et académiciens s’accordent à dire qu’il est essentiel de prendre date, et indispensable de se souvenir, de se remémorer, de communier, car : 

– Toute commémoration est faite en vue de la recherche d’un sens.
– La commémoration vise à instituer l’union du peuple pour envisager un avenir meilleur.
– La commémoration permet le rétablissement de la vérité historique et l’éveil de la conscience collective.

L’historien martiniquais Edmond Mondésir propose d’aborder la commémoration des événements historiques en premier lieu par une approche philosophique. Les hommes ont toujours besoin d’entretenir leur mémoire, parce que c’est elle qui leur permet d’enrichir leur connaissance, mais aussi de vaincre les limites du temps, dont l’essence même est de passer. 
 
Dans la commémoration, il y a le mot mémoire, ce qui nous indique qu’il s’agit d’un acte volontaire, pour restituer, par la parole et des actions symboliques, ce qui s’est déjà évanoui comme réalité. Cette fonction est accomplie par le récit et les rituels, qui nous permettent de ne pas rester prisonniers de l’instant et nous rendent capables de prendre en considération, par l’esprit et la réflexion, ce qui fait partie d’un passé qui ne cesse de s’éloigner.
 
Cependant, nous avons à en retenir le sens en vue d’éclairer notre existence actuelle, et d’envisager l’orientation à donner à nos actions, qui elles, sont nécessairement tournées vers l’avenir. 

La commémoration des événements historiques a d’autres vertus. Il faut entendre le mot « sens », comme une « signification », mais aussi une « direction », s’orienter pour aller vers le progrès humain.
La commémoration vise à la recherche d’un sens, qui tourne fondamen-talement autour de l’évolution de la conscience humaine, de l’avancée de l’usage de la raison, du progrès des valeurs de liberté, de justice, de responsabilité, tant sur le plan individuel que collectif.
La commémoration présente l’intérêt de créer l’espace favorable au dépassement des individualités, éparpillées dans leurs péripéties affectives et personnelles.
 
Elle ouvre une voie pour le rapprochement des groupes ou des clans. Donc commémorer, c’est consolider la capacité pour une communauté de former, au-delà des « moi » individuels, un « nous », capable d’élaborer des actions et des projets, aussi bien pour le présent que pour l’avenir.
En effet l’individu n’est pas qu’un être de l’instant, il a une histoire, sans doute personnelle, mais qui s’inscrit dans le cadre plus large de la société dans laquelle il vit. Sa conscience personnelle et son identité s’inscrivent forcément dans le cadre d’une conscience commune et d’une identité collective.

La commémoration permet de combattre l’ignorance qui résulte de l’oubli, voire de la dissimulation ou du mensonge, pour permettre aux hommes d’accéder au savoir véritable, par lequel le passé est mis en lumière sous l’effet de la demande de sens que formule toujours le présent. 

Dans le cas du président Bamana, il s’agit d’une part, de rappeler avec solennité le souvenir d’une personnalité publique, d’autre part, d’évoquer une histoire collective, celle du Mouvement populaire mahorais.
 
Enfin, les manifestations sont organisées pour servir d’exemple et de modèle à la célébration de la mémoire des compagnons de lutte qui méritent, comme lui, de figurer sur la longue liste des témoignages commémoratifs : Monuments, statues, places, arbres, poèmes, timbres, peintures, médailles, monnaies, bâtiments, nom de rue, etc…

Au programme, conférence témoignage vendredi 29 juin à partir de 14h, veillée chengué, manifestations traditionnelles samedi 30.
 

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le 27 juin 2018